Larmes dérisoires

27 janvier 1981


 

Le jour s’étire et bientôt s’endort,

la nuit couvre la ville.

La chambre silencieuse

l’entoure de ses bras frileux.

 

Il s’étonne de ces nuits blanches,

à l’ombre du passé,

où le plaisir perdu

réjouissait même le temps.

 

Comment se pouvait-il, absurde,

que le temps se plie

aux désirs déformés

de cerveaux presque moribonds?

 

Pourtant l’instant est dérisoire:

le plaisir est donné

au moment, déjà mort,

où nos sens, trompés, le surprennent.

 

Se peut-il qu’elle t’aime un peu?

Toi, tu l’aperçois, nue,

dans ton rêve délirant:

tromperie grandiose et fatale.

 

Tous les sentiments desséchés,

arides, crevassés,

comme en été, la terre,

ne sécrètent plus que des larmes.