Indicible sentiment

23 décembre 2010, à Edouard.


 

Noël et voilà bientôt quatre mois

Que, le baluchon sur l’épaule, il partit,

Abandonnant ses oripeaux d’enfant benoît

Afin d’endosser, de l’adulte, les habits.

 

Loin de son père, mais maintenant le contact,

Il fait l’apprentissage de sa liberté.

Des difficultés de sa vie, il en prend acte

Et cherche, solitaire, à les surmonter.

 

Tout le monde bouge sans s’occuper de lui,

Le temps passe doucement, les jours et les mois,

Son tempo personnel et ses envies aussi.

Il n’entrevoit que ce chemin avec effroi.

 

Depuis toujours le père adore le fils

Malgré toutes leurs différences, leurs querelles.

Il ne cesse d’être aux aguets comme jadis

Pour trouver, avec lui, la protection d’une aile.

 

Oui, je suis ce père qui n’a pas su toujours

Apprivoiser le fils devenu si grand,

Je veux par ces vers lui écrire mon amour,

Car mes mots ont tu l’indicible sentiment.